Né dans les années 70, j’ai grandi dans la peur permanente d’une guerre nucléaire mondiale et …. Non! Ce n’est pas vrai. Je n’en avais strictement rien à faire à l’époque.
Et pourtant on nous la servait à toutes les sauces, cette épée de Damoclès nucléaire. Au JT où les animateurs de l’info (ça m’a toujours fait mal d’appeler PPDA un journaliste) nous plongeaient dans l’horreur d’un hiver nucléaire prochain, dans les séries TV américaines (des Envahisseurs à Supercopter), au cinéma (les James Bond, Rambo 3, …), dans des romans, dans la musique (Nena et ses 99 ballons, Sting avec Russians).

Bref, on nageait dans la menace d’une guerre nucléaire totale. Mais nous, les jeunes, on avait d’autres choses à faire (notamment des trucs de jeunes). Et ça a duré jusqu’à la chute du mur de Berlin. Ensuite, les œuvres de fiction ont vu les ogres soviétiques remplacés par les terroristes enturbannés. D’autres méchants qui attaquaient nos principes démocratiques si parfaits.
37 ans après, le monde redevient une cocotte minute. Alors Trump, Poutine ou Netanyahou sont-ils plus imprévisibles (ou cinglés) que Truman, Reagan, Nixon ou Khrouchtchev ? Je ne sais pas.
Mais je sais que le nombre de parties prenantes possédant la bombe atomique a explosé et que les risques qu’un crétin appuie sur le mauvais bouton se multiplient de manière exponentielle.
Alors faut-il regretter la menace nucléaire de la guerre froide bi-polarisée ? C’est le sujet du NovFut d’aujourd’hui où les œuvres de fiction qui parlent de cette guerre nucléaire larvée sont organisés par DEFCON (DEFense readiness CONdition), le fameux niveau de danger de guerre mondial utilisé par l’armée américaine.
Notez, que contrairement aux idées reçues, le niveau de danger DEFCON est inversement proportionnel à son numéro (1 étant la vraie fin du monde). Il semblerait d’ailleurs qu’on soit autour de 3 en ce moment…
Bonne lecture.
Defcon 5 – Une guerre nucléaire ? Ou ça ?
La guerre nucléaire ? Bof, on a autre chose à gérer. Ses vacances, l’anniversaire des petits, le prochain championnat de football, et la reprise de la StarAc. Non, vraiment je vois pas pourquoi on s’en ferait. Notre gouvernement est tellement fort qu’il pourrait repousser les bombes grâce à ses communiqués de presse. Un peu comme le gouvernement Mitterand qui a sauvé la France des retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. La conviction politicienne, plus forte que la bombe.

When the Wind Blows de Raymond Briggs (1982), et sa très belle adaptation en dessin animé par Jimmy Murakami (1986), racontent la vie de Jim et Hilda, un couple de retraités so british, en pleine période de guerre froide. Jim, qui suit l’actualité et fait confiance à l’intelligence de son gouvernement, se construit un abri antiatomique avec des portes et coussins. Quand soudain le pire arrive. Mais le couple survit. Maintenant tout va bien se passer… N’est-ce pas ?
Spoiler: non ! Une magnifique fable anti-nucléaire qu’il faudrait montrer à tous ceux qui se font de l’argent en vendant des armes.

The Day After (1983, Nicholas Meyer) nous fait profiter du quotidien d’une petite ville du Kansas alors que la guerre froide dégénère en conflit nucléaire. Le film suit l’horreur des bouleversements de la vie des habitants où rien ni personne n’est épargné.
À noter, lors de la première diffusion du film à la TV, aucun des sponsors habituels de la chaîne n’a souhaité diffuser de publicité dans la partie du film qui suit l’attaque nucléaire (cf Wikipédia).

Dans un registre plus léger, Panic sur Florida Beach (1993, de Joe Dante l’un de mes réalisateurs préférés) mélange cinéma d’horreur et crise des missiles de Cuba (1962) dans un film joyeux, nostalgique et en même temps très lucide sur l’état d’esprit particulier de la population d’une petite ville en proie à une peur permanente. Avec l’immense John Goodman dans le rôle d’un producteur passionné. A ne pas rater.

Defcon 4 – L’épée de Damoclès nucléaire
Duck Dodgers: I claim this planet in the name of the Earth!
Marvin the Martian: [lands his ship] I claim this planet in the name of Mars! Isn’t that lovely, hmm?
Duck Dodgers: Look, bud, I’ve got news for you. I have already claimed this bit of dirt for the Earth. And there just ain’t room enough on this planet for the two of us!
Marvin the Martian: [pulls his disintegrating pistol on Dodgers] I do believe you are right.
Duck Dodgers in the 24½th Century, 1953, Chuck Jones

La création d’une arme de destruction massive est simple : il suffit de construire un truc qui fait tellement peur aux ennemis qu’ils arrêtent de nous faire peur.
C’est en substance le discours du vendeur d’arme Tony Stark (Iron Man, 2008, Jon Favreau), avant qu’il ne comprenne que la guerre, c’est mal :
« On dit que la meilleure arme est celle dont on n’a jamais besoin de se servir. Je me permets d’être d’un autre avis ! Je préfère l’arme dont on n’a besoin de se servir… qu’une seule fois.
C’est ainsi que mon père faisait, c’est ainsi que l’Amérique fait… et ça nous a plutôt bien réussi jusqu’à présent.
Trouvez un prétexte pour lâcher l’un de ces bijoux, et je vous garantis personnellement que les méchants n’oseront même plus sortir de leurs grottes. »Tony Stark (Iron Man, 2008)

Bon, évidemment, l’arme de destruction massive est le Mac Guffin idéal des films et livres d’espionnage ou de guerre. En bref, un engin apocalyptique va bientôt se déclencher, comment va-t-on l’arrêter ?
The Fourth Protocol (1987, John Mackenzie) raconte que le 4e protocole, signé en 1968 par les États-Unis, l’URSS, la France et la Grande-Bretagne, interdit d’introduire clandestinement toute arme nucléaire dans un territoire étranger. Évidemment, 20 ans plus tard, le fourbe KGB va enfreindre ce protocole en envoyant un super espion en Angleterre (qui a bizarrement la même tête que James Bond, peut-être parce qu’il s’agit de Pierce Brosnan). Un agent du MI5 (Michael Caine) va alors se lancer dans la course pour empêcher la détonation de l’engin.

Spies Like Us (1985, John Landis) est un film que j’ai vu très jeune et pour lequel j’ai beaucoup d’amour. Pourquoi ? Pour son humour en dessous de la ceinture (on n’en fait plus des comme ça, étonnez-vous que le taux de natalité baisse), pour l’image de gros coloniaux bourrins des héros patriotes américains, ou tout simplement parce que c’était 1985, baby. Bref, j’aime ce film.
Le pitch : les Russes ont un gros missile nucléaire pointé sur les américains. Les militaires américains sacrifient deux espions (Chevy Chase et Dan Aykroyd) pour détourner l’attention des Russes pendant que les vraies barbouses sont censés détruire l’arsenal fatal. Évidemment, ça ne va pas se passer comme ça.

Cette peur du déclenchement inopiné de l’arme nucléaire est toujours vivace à Hollywood. Il y a toujours un coquin prêt à s’emparer d’un engin atomique qui dépasse pour déclencher la 3e guerre.
Dans Twilight’s Last Gleaming (1977, Robert Aldrich), un ancien général de l’US Air Force s’empare d’un silo contenant 9 missiles nucléaires. Il tente de faire chanter le président des États-Unis et de révéler le contenu d’un document confidentiel compromettant sur la réalité de l’intervention américaine au Vietnam. Sinon boum ! Le Président, un bon gars (c’est de la SF), va aller jusqu’à se sacrifier pour éviter la guerre.
Dans Mission: Impossible – Ghost Protocol (2011, Brad Bird), c’est une tueuse à gage (Léa Seydoux) qui récupère les codes de lancement d’une ogive nucléaire. Ethan Hunt (Tom Cruise évidemment) va alors sauver le monde durant 132 minutes.
La question étant : Tom aura t’il le temps de coucher avec Léa en 132 minutes ?

Defcon 3 – Tic Tac…
Ça y est, les armes sont enfin prêtes à tirer. Pour éviter le chômage de militaires de carrière, il va donc falloir trouver des moyens de les utiliser. C’est le moment où le moindre tison peut mettre le feu aux poudres. Musique !
This is breaking news. It appears that Air Force One was shot down somewhere over the Middle East this morning by a sleeper cell of rogue terrorists, firing a stinger missile. The pilot and all passengers are all unaccounted for. The President’s whereabouts are presently unknown, and he is presumed missing. The Vice President, Secretary of State, and principals of the military are assembling. Our nation stands at DEFCON 3.
Blackmail the Universe, The System has failed, 2004, Megadeth
C’est aussi le moment où les protagonistes (qui n’ont pas les yeux rivés sur les médias sociaux), se disent qu’il faudrait trouver des solutions pour éviter que la guerre nucléaire soit lancée.
Dans le chef d’œuvre de SF, The Day the Earth Stood Still (Le jour où la terre s’arrêta, 1951, Robert Wise), une soucoupe volante atterrit sur Terre, à Washington. Oui, on peut se demander pourquoi Washington alors que la Terre est si grande, mais c’est parce que l’extraterrestre Klaatu et son robot Gort sont porteurs d’un message de paix.
Évidemment un militaire tire sur Klaatu. Bien fait, ils n’avaient qu’à laisser leurs mains en évidence. Heureusement l’ET s’en sort, va draguer la gueuse puis délivrer son message qui dit en substance : La Terre a le choix : rejoindre l’OTAN de l’espace et aller en paix ou se faire réduire en cendres. Klaatu barada nikto ! et puis c’est tout.

Il y a eu un remake de The Day the Earth Stood Still en 2008 avec Keanu Reeves, mais je n’en ai strictement aucun souvenir. Pourtant je l’ai vu, si, si. C’est fou ça.
L’autre solution pour stopper la course aux armements est d’arrêter de jouer au baseball. C’est ce que fait le petit garçon Chuck dans Amazing Grace and Chuck (La Force du silence, 1987, Mike Newell) après avoir vu un missile atomique. Le garçon étant le meilleur joueur de baseball de la ville, c’est la panique. Pire, un joueur star des Boston Celtics décide alors d’en faire autant. Les américains auront le choix entre démanteler leurs armes nucléaires ou arrêter d’aller au match…
Le nucléaire n’a aucune chance.

La première Doomsday Clock, qui compte le temps avant la fin du monde, a été positionnée en 1947 sur 7 minutes avant minuit. Depuis le 4 février 2026, elle serait à 85 secondes avant la fin du monde.

Cette Doomsday Clock intervient régulièrement dans Watchmen, le chef d’œuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons. La guerre nucléaire qui semble inéluctable instille un climat lourd de paranoïa et d’abattement. Sans espoir, les américains se retournent les uns contre les autres pendant que les Watchmen tentent de limiter les dégâts. Seul Ozymandias tente de sauver la planète avec son plan ultime (lire Novfut #30, 6 solutions pour sauver le monde).

J’ai toujours considéré Watchmen comme une œuvre inégalable. Aussi, j’ai eu très peur quand DC Comics (qui a les droits de la BD) a décidé d’en faire un croisement avec l’univers de Superman et de Batman.
Alors j’ai attendu avant de lire Doomsday clock (2017-2019). Pourtant c’est un autre chef d’œuvre. Le scénario de Goeff Johns est remarquablement intelligent et le dessin de Gary Frank est au-delà de splendide. Le tout crée un véritable hommage visuel et narratif à l’original, tout en gardant sa propre identité. Et si vous ne le saviez pas, Goeff John est vraiment l’un des plus grands scénaristes de notre époque.

Le thriller Steel Rain (2017, Yang Woo-seok) raconte une course contre la montre pour éviter une guerre nucléaire entre les deux Corées par un espion nord-coréen et un politicien du Sud. Un thriller efficace et intelligent qui présente les immenses différences culturelles entre les deux pays, mais aussi une solution qui passe par une entente intelligente.

Defcon 2 – Oups, C’est pas moi, c’est mon doigt !
En 1983 sort 99 Luftballons chantée par Nena, écrite en référence à la course aux armements de l’époque. La chanson parle de 99 ballons volant dans le vent, identifiés par les militaires comme une attaque, déclenchant une réaction en chaîne qui détruit la planète. Oui, cette chanson sautillante qui vous fait danser dans les mariages est une chanson de fin du monde.
Le Retour de Godzilla (ゴジラ, 1984, Kōji Hashimoto) voit Godzilla se repaitre de l’énergie d’un sous-marin nucléaire russe. Le Premier Ministre japonais, bien embêté, doit révéler l’existence de Godzilla aux Japonais, mais aussi aux États-Unis et à l’Union Soviétique pour éviter une 3e guerre mondiale.

Dans Fail Safe (Point limite, 1964, Sidney Lumet), la défaillance d’un minuscule transistor donne l’ordre à un groupe de bombardiers nucléaires de l’USAF d’attaquer Moscou.
Le président des USA, bien embêté, va tenter d’arrêter les avions et éviter une guerre nucléaire mondiale (c’est définitivement de la SF. Aujourd’hui le président des USA essaie plutôt de la déclencher).

Colossus: The Forbin Project (1970, Joseph Sargent), adaptation du roman éponyme de Dennis Feltham Jones (1966), raconte comment un superordinateur américain chargé de coordonner la défense du pays va découvrir un autre superordinateur en Russie. Les deux IA vont se coordonner pour prendre le contrôle de la planète.
Tout le futur de l’IA agentique tient dans ce film (lire également Novfut #15 les machines programmées pour nous faire du mal).

Mais le film qui aura capté le mieux le danger de confier l’avenir de l’humanité à une machine est sans aucun doute Wargames (1983, John Badham). Dans ce film, le jeune David Lightman (Matthew Broderick) est un bidouilleur informatique (je ne vois pas pourquoi on l’appellerait un pirate) qui accède pour s’amuser à WOPR le supercalculateur (une IA de l’époque) du NORAD.
David lance un jeu sur l’ordinateur, « la guerre thermonucléaire totale », sans savoir que ce dernier transmet véritablement des ordres et que les militaires (obéissants, normal, on les entraine pour ça) les exécutent.

Ce film est une réussite à la fois pour ses acteurs (notamment Broderick), pour le réalisme de ses bidouilles informatiques, mais aussi et surtout la démonstration de la perte de contrôle progressive des militaires qui ne comprennent définitivement rien à l’informatique.
Et puis qui peut oublier la citation finale, pleine de sagesse du WOPR : A strange game. The only winning move is not to play.

Je suis tellement agacé quand un bureaucrate me dit que c’est la faute de l’ordinateur et qu’il ne peut rien faire. A chaque fois je pense au moment où l’ordinateur sera celui qui appuiera sur le bouton. Hélas on me souffle dans l’oreille que ChatGPT serait en train de le faire.
Defcon 1 – Ce militaire EST fou !
A partir des années 60, les œuvres de fiction mettent peu à peu en scène l’archétype du décideur politique ou militaire, souffrant de gros problèmes mentaux et considérant la guerre, notamment nucléaire, comme la solution pour lutter contre l’ennemi.
Ah oui, c’est une description de l’autre Trump…
« Restraint? Why are you so concerned with saving their lives? The whole idea is to kill the bastards. At the end of the war, if there are two Americans and one Russian left alive, we win! »
General Thomas S. Power, Commander-in-Chief of USAF Strategic Air Command, 1957-1964« Well, you’d better make sure that they’re a man and a woman.« .
William Kaufmann in response of General S. Power

On pourrait dire que le prototype du cinglé galonné a été inventé dans le génial et très grinçant Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (Docteur Folamour, 1964, Stanley Kubrick) où le Général Jack Ripper est convaincu que les Russes veulent empoisonner l’eau potable des États-Unis. Il lance alors une offensive nucléaire sur l’URSS sans autorisation, coupant les relations avec sa hiérarchie.
Ce film très drôle (humour noir), aux acteurs formidables (Peter Sellers au top) pointe du doigt la seule réalité de cette course aux armements : la destruction mutuelle.

Dr Strangelove est l’adaptation du roman Two Minutes to Doom (Red Alert, 1958) écrit par l’auteur britannique Peter George.
Moins drôle, The Bedford Incident (Aux postes de combat, 1965, James B. Harris) raconte comment, en pleine guerre froide, le capitaine d’un destroyer, autoritaire, va tirer bêtement une ogive nucléaire sur un sous-marin soviétique, entrainant potentiellement la 3e guerre mondiale. Oups !

Dans les comics book, c’est le Général Thaddeus « Thunderbolt » Ross qui incarne la version Marvel du Général Ripper.
Ce galonné cinglé est en effet obsédé par l’incroyable Hulk et va chercher à le détruire par tous les moyens, créant à chaque fois des menaces bien pires que le géant vert. A l’archétype du général fou, Stan Lee et Jack Kirby ajoutent une motivation œdipienne, Bruce Banner courtisant en effet la fille du général. Mais on n’est pas là pour juger.
En 2008, le général Ross est transformé en Hulk rouge appelé Rulk. Il sera le méchant principal de l’immonde Captain America: Brave New World où Harrison Ford joue un Ross devenu président des USA.

La version DC comics du Général Ross est le Général Sam Lane, inventé en 1985, et dont la haine obsessionnelle pour Superman va l’amener à trahir ses valeurs… Lane est est le père de Lois (la femme de Superman)… Ce qui prouve que ces gens ont définitivement des problèmes œdipiens.

Cet archétype du général fou se rencontre très fréquemment dans les comics, que ce soit chez DC ou Marvel :
- le Général Zod qui pour restaurer la puissance de Krypton considère toutes les autres espèces comme sacrifiables. (DC comics – Superman)
- le Général Wade Eiling prêt à toutes les expériences illégales pour « protéger » les USA des méta-humains. (DC comics – JLA)
- le Général Fortean, dont l’obsession pour venger Ross et arrêter Hulk vont le transformer en une version monstrueuse de l’Abomination. (Marvel – Hulk)
- L’immonde Amanda Waller, personnage développé dans les années 2010, dont l’obsession pour la sécurité nationale justifie à ses yeux l’exécution sommaire de ses propres agents (via les puces explosives). (DC Comics – Suicide Squad)
L’archétype du général fou peut également se trouver du côté soviétique, démontrant ce faisant que tous les russes ne veulent pas la guerre. C’est le cas du Général Orlov (Octopussy, 1983), qui veut faire exploser une ogive nucléaire dans un cirque aux États-Unis et qui sera contré par un James Bond ridicule (Roger Moore me faisait rire dans les 80s, mais maintenant je n’y arrive plus).
Il semble d’ailleurs que le Général Orlov ai été inspiré d’un vrai militaire soviétique, Marshal Andrei Grechko, partisan d’une attaque nucléaire contre l’OTAN.

En 1990, By Dawn’s Early Light (Jack Sholder) nous raconte l’escalade du conflit nucléaire après une frappe de l’Union Soviétique déclenchée par des séparatistes. Le Colonel Fargo n’a qu’une envie, détruire les russes, escaladant ainsi le conflit pendant que le président par interim va tenter de limiter les dégâts (c’est de la SF on vous dit).
The three most powerful men in the world:
The President of the United States of America;
The President of the Russian Republic;
And…The Captain of a United States nuclear missile submarine. »
Monologue d’ouverture de Crimson Tide, 1995
Le danger de laisser le pouvoir absolu aux mains d’un militaire paranoïaque (ou trop patriote, sémantique quand tu nous tiens) est bien montré dans Crimson Tide (USS Alabama, 1995, Tony Scott). Dans le sous-marin américain USS Alabama, l’officier Denzel Washington (forcément gentil) s’oppose à son capitaine Gene Hackman (forcément méchant – le casting des 90s n’a jamais été très subtil) qui veut envoyer une bombe nucléaire sur la Russie. L’équipage se retrouve coupé en deux.
Un excellent film à la tension progressive habilement provoquée (bravo Tony Scott).

Le principe du général fou est inversé dans le magnifique The Hunt for Red October (À la poursuite d’Octobre rouge, John McTiernan, 1990) où les Russes essaient de faire passer le commandant du sous-marin, Marko Ramius (Sean Connery), qui veut passer à l’Ouest, pour un fou qui veut en réalité déclencher la 3e guerre mondiale. Heureusement, Jack Ryan (le fameux super espion de Tom Clancy) connait Ramius et va lui éviter d’être détruit avec son bateau.

Spoiler : à la fin, on ne verra pas Ramius terminer à Guantanamo, des fils accrochés aux tétons, torturé par la CIA pour cracher tout ce qu’il sait sur l’arsenal nucléaire soviétique. De la SF on vous dit.
BIENVENUE dans L’incertitude
Le 2 mars à l’Ile Longue, Emmanuel Macron a annoncé le renforcement de la dissuasion nucléaire française, désormais élargie à l’Europe. C.-à-d. “On a un gros missile, et on vous le prête si vous êtes de bons européens.”.
Un mouvement symptomatique de ce qui est en train de se passer dans le monde : ça se dépoussière le missile, ça s’astique les ogives. En bref, ça s’arme dur. Il faut montrer qu’on en a (des armes nucléaires).
Mais si tout le monde le fait, que va t’il se passer ? En 2026, quand on ne sait pas, on demande à l’IA. Aussi des chercheurs qui n’avaient rien de mieux à faire ont demandé à des IA de simuler l’avenir du conflit. Spoiler : ça va péter atomiquement parlant !
Plus sérieusement, il y a quelques semaines dans Affaires étrangères, Christine Ockrent recevait deux experts pour parler du nucléaire. J’adore cette émission où Ockrent n’hésite pas à titiller ses invités pour spéculer sur des futurs possibles.
Mais sur le sujet du nucléaire, autant dire que les experts étaient d’accord sur une chose : impossible de faire des prédictions sur le long terme en matière de nucléaire.
A House of Dynamite (2025, Kathryn Bigelow) nous montre une situation d’escalade de guerre nucléaire contemporaine quand un missile anonyme fonce vers les Etats-Unis. Le film se termine sur le président des États-Unis qui doit décider entre ses deux conseillers, l’un poussant à la guerre totale et l’autre à la désescalade.
Un film qui se veut réaliste mais qui propose une vision bisounours de la guerre. Car si ça se passait aujourd’hui, le président des USA aurait à choisir entre deux conseillers lui disant ce qu’il à gagner ou perdre financièrement en choisissant la guerre nucléaire ou pas. D’ailleurs Trump est un expert du nucléaire depuis au moins 1984.
« It would take an hour-and-a-half to learn everything there is to learn about missiles. I think I know most of it anyway. »
D. Trump (1984)

Alors si les années 60 ou 80 voyaient des généraux fous qui pouvaient faire péter la planète pour des raisons idéologiques, aujourd’hui ce serait pour des raisons financières. Car dans la tête de certain, guerre = plus de dollars.
Le cinglé de la maison blanche encourage ainsi d’autres cinglés (Netanyahou entre autres). Et bientôt les cinglés se feront la guerre entre eux. C’est inéluctable. Quand on croit jouer au Monopoly : il ne peut en rester qu’un.
Dans WarGames, Joshua explique que la guerre thermonucléaire est un jeu où “la seule façon de gagner est de ne pas jouer.”
On peut alors se demander comment, en 40 ans, on a pu laisser des personnes dérangées accéder à ce jeu qui n’en est pas un. Et pendant ce temps, la doomsday clock avance.
Cyroul (mars 2026)
Une trouvaille à partager
Vu chez OpenCulture, ce très court métrage animé raconté par Orson Wells. Il s’agit d’une parabole sur l’histoire américaine et sur la liberté. Il semblerait que sans partage et sans entretien la liberté se transforme en dictature.
Cette oeuvre a bien sa place dans NovFut.
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